Le Taillan-Médoc : une politique culturelle de proximité qui fait de la rencontre son moteur

Invitées sur C6 Radio, Céline Le Gac, Marianne Carayon et Romain Tacciari ont détaillé la vision culturelle portée par la municipalité du Taillan‑Médoc : une politique transversale, accessible et résolument tournée vers les habitants. Entre gratuité, participation citoyenne et décloisonnement des pratiques, la commune revendique une conception élargie de la culture, pensée comme un levier de lien social.

Le Taillan-Médoc : une politique culturelle de proximité qui fait de la rencontre son moteur

Une culture conçue comme un service public du quotidien.

Au Taillan-Médoc, la culture n’est ni un supplément d’âme ni un simple programme de spectacles. Elle constitue un axe structurant de la politique municipale.

Pour l’adjointe à la culture, Céline Le Gac, l’objectif est clair : faire de la culture un espace de rassemblement. La municipalité revendique une approche fédératrice, où la complémentarité entre acteurs et équipements prime sur la logique événementielle.

Cette orientation se traduit par une organisation fortement collaborative entre élus, services municipaux et partenaires locaux. La culture irrigue ainsi l’ensemble des politiques publiques, en lien avec l’enfance, la jeunesse, le scolaire ou encore l’action sociale.

« Plus on est nombreux, plus on construit des projets qui parlent à tous », résume l’élue, illustrant une vision collective de l’action culturelle.


Le Pôle culturel et artistique : un écosystème intégré.

Au cœur du dispositif se trouve le Pôle culturel et artistique (Polca), véritable colonne vertébrale de la vie culturelle locale.

Ce lieu regroupe trois entités complémentaires :

  • l’école municipale de musique, ouverte à une grande diversité d’instruments
  • la ludomédiathèque, espace hybride mêlant lecture, jeux et médiation
  • un auditorium d’environ 120 places, dédié aux spectacles, conférences et rencontres

À ces équipements s’ajoute un espace central polyvalent, conçu comme un lieu de convivialité pouvant accueillir associations, temps festifs ou rencontres informelles.

Pour Romain Tacciari, responsable du service culturel et vie locale, cette configuration favorise une programmation décloisonnée, où les projets sont pensés collectivement et au plus près des usages des habitants.


La transversalité comme méthode.

La singularité de la politique culturelle taillanaise réside dans sa logique de transversalité. Les projets associent régulièrement plusieurs services municipaux, qu’il s’agisse des écoles, du périscolaire ou du CCAS.

Cette approche permet d’intégrer la culture dans des domaines variés : soutien à la parentalité, médiation numérique, éducation artistique ou encore bien-être.

La ludomédiathèque illustre particulièrement cette philosophie. Conçue comme un lieu de vie intergénérationnel, elle propose aussi bien des espaces de jeu pour les tout-petits que des actions de lecture ou de médiation pour les familles.

Pour la directrice culture, vie associative et sport Marianne Carayon, le jeu constitue une forme à part entière de culture populaire, capable de toucher des publics qui ne fréquentent pas spontanément les équipements culturels.


Une culture accessible et décomplexée.

La municipalité assume une conception élargie et inclusive de la culture. L’enjeu consiste à lever les barrières symboliques qui peuvent éloigner certains publics.

En multipliant les formats (cabaret engagé, médiation artistique, événements participatifs ou rencontres conviviales), la commune cherche à démontrer que la culture peut être vécue sans prérequis.

Cette démarche s’accompagne d’un choix fort : la gratuité de la saison culturelle municipale. Un levier d’accessibilité qui permet d’élargir les publics et d’encourager la curiosité.

La commune accueille également des artistes en résidence, contribuant ainsi à la création et à l’accompagnement de projets émergents.


Une programmation participative et ancrée dans le territoire.

Parmi les initiatives emblématiques figure le Projet Optimiste Partagé (POP), dispositif participatif lancé en 2018.

Chaque édition associe artistes et habitants autour d’ateliers, de rencontres et de créations collectives. L’objectif : faire de la culture un espace d’expression citoyenne et de co-construction.

La restitution finale, prévue au printemps, symbolise ce travail de longue haleine, mêlant médiation artistique, éducation culturelle et participation locale.

Au-delà du POP, la programmation s’appuie sur une diversité d’événements : carnaval, festival musical, fête du court-métrage, actions numériques ou rencontres intergénérationnelles. Autant de rendez-vous qui structurent le calendrier culturel de la commune.


S’ouvrir au territoire métropolitain.

Consciente des limites liées à la taille de ses équipements, la municipalité a mis en place un dispositif original : la « chouette navette ».

Ce service permet aux habitants d’assister à des spectacles dans la métropole bordelaise, avec transport pris en charge par la ville et tarifs négociés.

Une manière d’élargir l’offre culturelle sans renoncer à l’ancrage local, tout en favorisant la découverte de lieux et d’esthétiques variés.


Fédérer plutôt que programmer.

Interrogées sur la dimension politique de leur démarche, les responsables culturelles revendiquent avant tout une ambition de cohésion sociale.

La culture est envisagée comme un outil de rencontre et de dialogue, plus que comme une vitrine artistique. Une philosophie qui privilégie la proximité, la participation et la convivialité.

La saison se clôt notamment par des propositions mêlant spectacle vivant et temps festifs, à l’image d’événements en plein air ou de veillées musicales participatives.


Une identité culturelle singulière.

Au Taillan-Médoc, la culture se construit moins autour de grandes affiches que d’une dynamique collective et quotidienne.

Cette stratégie, assumée, repose sur trois piliers :

  • accessibilité
  • participation
  • diversité des pratiques

Elle dessine une identité culturelle locale où l’expérimentation et la convivialité tiennent une place centrale, et où la culture se vit comme un bien commun.


À travers cette politique culturelle de proximité, la commune affirme une conviction : la culture n’est pas seulement un spectacle à regarder, mais une expérience à partager.