Un équipement modulable au service de toutes les esthétiques.
Salle de spectacle, scène ouverte sur le jardin, parvis conçu comme une place publique : l’Espace Quérandeau se distingue par sa modularité. Le fond de scène peut s’ouvrir vers l’extérieur, permettant aux artistes de jouer face au jardin, tandis que les gradins amovibles autorisent aussi bien des concerts festifs que des formes plus intimistes.
Au-delà de l’outil technique, l’architecture participe à une stratégie urbaine assumée. Situé en plein centre-ville, à proximité de la mairie, de la bibliothèque et du tout récent centre associatif Joséphine Baker, le lieu s’inscrit dans un ensemble cohérent pensé pour favoriser les rencontres. « On traverse le jardin, on passe par le parvis, on entre dans la salle : cela crée une vraie place de village », résume Annabel Zanota-Carbonell. Une centralité qui change le rapport des habitants à la culture, désormais intégrée au quotidien.
Une programmation artistique à la fois exigeante et accessible.
À Saint-Jean-d’Illac, la culture se veut résolument inclusive. La saison compte une trentaine de spectacles, mêlant théâtre, musique, danse, humour, marionnettes ou encore propositions jeune public. Parmi les temps forts à venir : Malaka, duo de sœurs en résidence dès le 30 janvier, la compagnie Liquidambar et son théâtre de marionnettes le 6 février, ou encore Marion Mezadorian et son one-woman-show salué par Le Monde le 27 février.
Le 13 mars, les jeunes talents du Conservatoire de Bordeaux investiront la scène, avant le lancement du festival En voiture Simone, du 15 au 30 avril : un rendez-vous pluridisciplinaire dédié à l’enfance et à la jeunesse, associant musique, contes, danse et théâtre, en partenariat notamment avec Martignas-sur-Jalle. Ce festival irrigue aussi l’espace public, avec parcours poétiques, ateliers, journée carnavalesque et créations collectives menées avec les écoles, la crèche et les structures périscolaires.
La saison s’achèvera le 29 mai avec Guiz, membre du groupe Tryo, lors d’un concert debout festif, devenu un rituel de clôture à Saint-Jean-d’Illac. L’été prendra ensuite le relais avec Les Itinérantes, dont une grande soirée familiale prévue le 3 juillet dans le quartier du Las, mêlant tremplin musical, jeux pour enfants et interventions artistiques.
Une culture engagée sur les enjeux contemporains.
Fil conducteur de cette programmation : l’attention portée aux problématiques actuelles, notamment environnementales. Plusieurs spectacles abordent directement la nature et l’écologie, mais l’engagement dépasse le seul contenu artistique.
La Ville agit également sur l’organisation même des événements : incitation aux mobilités douces via une tarification préférentielle pour les spectateurs utilisant des moyens de transport à faible impact, catering écoresponsable pour les artistes, réduction des impressions papier au profit d’une communication numérique. « On cherche des économies sur le fonctionnement, pas sur la qualité de l’offre », précise Annabel Zanota-Carbonell, dans un contexte budgétaire tendu pour les collectivités.
Cette approche globale traduit une volonté municipale claire : maintenir une politique culturelle ambitieuse malgré les contraintes financières, en arbitrant autrement plutôt qu’en réduisant la programmation.
Médiation culturelle et lutte contre les idées reçues.
Autre pilier du projet illacais : l’accessibilité. L’Espace Quérandeau a été conçu pour accueillir tous les publics, y compris les personnes à mobilité réduite ou les publics dits « empêchés ». Mais l’inclusion passe aussi par un important travail de médiation.
Rencontres avec les artistes à la bibliothèque, ateliers dans les écoles, visites de la salle, masterclass avec les associations locales : tout est mis en œuvre pour combattre l’idée selon laquelle la culture serait élitiste ou réservée à certains. « Les spectacles sont de grande qualité, mais ils sont pour tous », insiste la directrice.
Pour la municipalité, la culture est à la fois divertissement, outil de réflexion et vecteur de cohésion sociale. Un levier d’émancipation, particulièrement auprès des plus jeunes, avec un travail régulier mené tout au long de l’année dans les établissements scolaires.
Un maillage territorial fondé sur les partenariats.
Commune de l’ouest bordelais, Saint-Jean-d’Illac revendique aussi son rôle de trait d’union entre l’agglomération et le Bassin d’Arcachon. La programmation s’appuie sur de nombreux partenariats : communes voisines (Cestas, Canéjan, Martignas), Théâtre Olympia d’Arcachon pour un parcours chorégraphique à l’échelle du Bassin, Conservatoire de Bordeaux, mais aussi réseaux professionnels et institutions culturelles comme l’IDDAC ou l’OARA.
Cette coopération permet à la fois de mutualiser les coûts, de limiter les transports des artistes et d’offrir au public une diversité d’esthétiques sans concurrence entre territoires. « Il faut être en complémentarité, pas en rivalité », souligne Annabel Zanota-Carbonell.
Un lieu désormais pleinement approprié par les habitants.
Trois ans après son ouverture, l’Espace Quérandeau semble avoir trouvé sa place. Festivals, carnaval, temps forts participatifs : les habitants s’approprient progressivement ce nouvel espace, devenu un point de convergence pour les familles comme pour les amateurs de spectacle vivant.
Pensé dès l’origine comme un équipement de proximité, au cœur du village, le site incarne aujourd’hui une ambition plus large : faire de la culture un moteur de dynamisme local et un espace de rencontre intergénérationnel.
À travers cette saison 2025-2026, Saint-Jean-d’Illac affirme ainsi une vision de la culture à la fois exigeante, engagée et profondément ancrée dans son territoire.