Transporter Ma Voiture : la start-up bordelaise qui veut simplifier la logistique automobile à l’échelle européenne

Invité de C6 Radio, Nicolas Derouet, président de la société Transporter Ma Voiture, est revenu en détail sur la genèse, les défis et les ambitions de cette jeune entreprise basée à Blanquefort. À travers une approche résolument technologique, la start-up entend transformer un secteur encore fragmenté : le transport de véhicules pour particuliers et professionnels.

Transporter Ma Voiture : la start-up bordelaise qui veut simplifier la logistique automobile à l’échelle européenne

Une plateforme numérique pour un besoin universel

Créée en 2025, Transporter Ma Voiture (souvent abrégée TMV) se positionne comme une plateforme digitale de mise en relation dédiée au déplacement de véhicules partout en Europe.

Le principe : permettre à un utilisateur d’organiser un transport automobile depuis son smartphone, avec un suivi, un devis transparent et une gestion centralisée.

L’idée est née d’un constat simple : jusqu’ici, déplacer un véhicule impliquait de contacter plusieurs transporteurs, sans visibilité claire sur les coûts ou les délais. TMV ambitionne de rendre ce processus aussi fluide qu’une réservation en ligne.


Une aventure entrepreneuriale née de l’expérience terrain

Avant de lancer leur structure, les fondateurs travaillaient déjà ensemble dans le secteur du transport.

Cette expérience commune leur a permis d’identifier les failles du marché et d’imaginer une solution plus efficace.

Autour de Nicolas Derouet, l’équipe réunit notamment :

  • Romain, en charge du développement technique de l’application
  • Yoann, responsable commercial et communication
  • Romain, un alternant marketing dédié à la stratégie digitale

Malgré un écart d’âge et d’expérience, tous partagent un objectif commun : faire émerger une solution capable de s’imposer sur un marché européen.


Le parcours du combattant du financement

Comme pour de nombreuses start-up, la transformation de l’idée en projet concret a nécessité plusieurs étapes structurantes :

  • élaboration d’un business plan
  • construction d’un prévisionnel financier
  • recherche de partenaires bancaires

Le projet, très digital et sans actifs physiques, a d’abord suscité des réticences.

Après plusieurs refus, un accompagnement par un réseau d’experts et un prêt d’honneur ont permis de déclencher le financement bancaire et de lancer le développement de la plateforme.


Les débuts : prospection intensive et premiers clients

Installée dans un bureau de 27 m² à Blanquefort en mars 2025, l’équipe a démarré avec une réalité classique des jeunes entreprises :

téléphone silencieux, prospection massive et incertitudes.

Plus de 500 emails ont été envoyés la première semaine pour un seul retour.

Le premier client : une société spécialisée dans les quads électriques a marqué le véritable point de départ, avant un effet boule de neige porté par le réseau professionnel et le bouche-à-oreille.

Aujourd’hui, TMV réalise entre 150 et 300 transports par mois, un volume qui confirme un démarrage solide.


Une approche technologique du transport

Contrairement aux transporteurs traditionnels, TMV ne possède pas de flotte.

La société fonctionne comme une plateforme technologique qui référence et contrôle des partenaires transporteurs.

Chaque prestataire est validé via un système de scoring et la centralisation des documents réglementaires (assurances, licences, obligations sociales).

Un outil d’intelligence artificielle permet également de vérifier l’état des véhicules avant et après transport en cas de litige.


Entre liberté et pression : la réalité de l’entrepreneuriat

Durant l’entretien, Nicolas Derouet a insisté sur la dimension humaine de l’aventure.

Passer du salariat à l’entrepreneuriat a impliqué une perte de stabilité financière et une prise de risque importante.

Il évoque sans détour les débuts sans rémunération et la nécessité d’accepter l’incertitude, tout en soulignant que la motivation principale reste la liberté de construire son projet.


Une ambition clairement européenne

Pour 2026, la priorité affichée est l’expansion géographique.

La plateforme reçoit déjà des demandes depuis plusieurs pays :Espagne, Italie, Allemagne ou Royaume-Uni et vise un déploiement progressif à l’international, avec des perspectives jusqu’au Moyen-Orient.

L’objectif à trois ans est assumé : devenir une référence européenne du transport de véhicules, aussi naturelle pour les utilisateurs que les grandes plateformes de petites annonces pour l’achat automobile.


Une stratégie de croissance maîtrisée

Fait notable dans l’écosystème start-up, TMV ne prévoit pas de levée de fonds à court terme.

Les fondateurs souhaitent conserver le contrôle de leur développement et privilégier une croissance organique, en s’appuyant sur la montée en puissance du service.


Une vision long terme portée par la passion

Au-delà de la technologie, le projet s’inscrit dans une logique durable.

La société ne vise pas une revente rapide mais la construction d’un acteur pérenne, né de la passion commune pour l’automobile et la logistique.


Une jeune entreprise déjà bien lancée

En quelques mois d’activité, Transporter Ma Voiture illustre les dynamiques actuelles de l’économie numérique :

  • digitalisation d’un secteur traditionnel
  • modèle plateforme
  • croissance progressive fondée sur l’usage


L’histoire reste à écrire, mais la trajectoire est claire : transformer un service complexe en solution simple et accessible.

Comme l’a résumé Nicolas Derouet au micro de C6 Radio, l’entrepreneuriat est avant tout « une exécution faite de décisions imparfaites, d’ajustements permanents et de détermination ».

Une définition qui reflète parfaitement l’état d’esprit d’une start-up encore jeune, mais déjà tournée vers l’Europe.