La nature comme alliée du vivant : Morgane Peyrot décrypte la gemmothérapie et le retour aux savoirs naturels.

Animatrice nature, herboriste et autrice, Morgane Peyrot était l’invitée de C6 Radio pour évoquer la gemmothérapie, une approche thérapeutique issue de la phytothérapie. À travers son parcours personnel et professionnel, elle défend une vision complémentaire de la santé et un rapport renouvelé au vivant, entre transmission de savoirs, pédagogie et quête de sens.

La nature comme alliée du vivant : Morgane Peyrot décrypte la gemmothérapie et le retour aux savoirs naturels.

Une approche thérapeutique fondée sur le potentiel du vivant.

Au cœur de l’entretien, la gemmothérapie (parfois encore méconnue du grand public) apparaît comme une branche spécifique de la phytothérapie. Elle repose sur l’utilisation des bourgeons et jeunes tissus embryonnaires des plantes, considérés comme des concentrés de potentiel biologique.

Selon Morgane Peyrot, ces tissus en croissance contiennent des cellules capables de se différencier en l’ensemble des parties de la plante (feuilles, fleurs, fruits) ce qui leur confère un intérêt particulier dans une logique d’accompagnement de l’organisme.

Concrètement, les bourgeons fraîchement cueillis sont mis en macération dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine afin d’en extraire les principes actifs. Le macérat obtenu est ensuite utilisé sous forme de gouttes, généralement dans le cadre de cures, notamment pour soutenir l’équilibre du terrain physiologique ou accompagner des troubles chroniques.

L’herboriste insiste toutefois sur un point essentiel : la gemmothérapie s’inscrit dans le champ des médecines complémentaires, et non comme une alternative à la médecine conventionnelle. Elle rappelle que le diagnostic et le traitement des pathologies relèvent exclusivement du corps médical, tandis que les pratiques naturelles peuvent intervenir en soutien, notamment pour améliorer la qualité de vie.


Une philosophie du soin basée sur la complémentarité.

Au fil de l’échange, Morgane Peyrot défend une approche nuancée et responsable des pratiques naturelles. Elle souligne que les plantes ne prétendent pas guérir toutes les maladies, mais qu’elles peuvent accompagner les patients, par exemple pour atténuer certains effets secondaires de traitements lourds.

Cette vision, de plus en plus partagée selon elle, se traduit par un intérêt croissant de certains professionnels de santé pour la phytothérapie et ses dérivés. L’objectif : favoriser une prise en charge globale, où chaque discipline intervient dans son champ de compétence.

Dans un contexte marqué par la prolifération d’informations parfois approximatives sur les réseaux sociaux, elle insiste également sur l’importance de la formation, de la rigueur scientifique et de l’éthique professionnelle.


Un parcours personnel façonné par la passion du vivant.

L’engagement de Morgane Peyrot dans le domaine des plantes et de la nature s’enracine dans une fascination ancienne pour le monde du vivant. Enfant déjà, elle observe insectes et écosystèmes, avant de se former en autodidacte puis de publier plusieurs guides naturalistes.

Son cheminement est aussi marqué par une épreuve personnelle : un trouble du comportement alimentaire qui a menacé sa santé. Elle explique que le retour à la nature, à l’observation et à l’écriture a constitué un point d’ancrage déterminant dans sa reconstruction.

Cette expérience nourrit aujourd’hui sa démarche, centrée sur la simplicité, l’essentiel et la reconnexion au vivant.


« Monde de Sens » : transmettre pour mieux protéger.

En 2019, Morgane Peyrot crée Monde de Sens, une structure dédiée à la sensibilisation à la nature. À travers des balades naturalistes, ateliers ou formations, elle propose au public de redécouvrir les ressources végétales et la biodiversité locale.

L’objectif est double :

  • transmettre des connaissances pratiques (plantes comestibles, médicinales, reconnaissance botanique),
  • et susciter une prise de conscience écologique.

« On ne protège que ce que l’on connaît », résume-t-elle, soulignant l’importance de la pédagogie pour encourager la préservation des écosystèmes.

Ces activités incluent également des ateliers de cuisine sauvage, où les participants apprennent à transformer leurs cueillettes en préparations culinaires, révélant la richesse gustative du monde végétal.


Retrouver un lien au vivant dans un monde en mutation.

Au-delà de la dimension thérapeutique, l’intervention de Morgane Peyrot porte un message plus large : celui d’un besoin de rééquilibrage entre l’être humain et son environnement.

Dans une société qu’elle juge souvent déconnectée de la nature, elle plaide pour un retour à des savoirs simples : reconnaître une plante, comprendre un écosystème, savoir se nourrir autrement, perçus comme des leviers d’autonomie et de résilience.

Cette démarche s’accompagne d’une réflexion plus globale sur le bien-être, intégrant pratiques corporelles, conscience de soi et rapport au temps, dans une logique de reconnexion progressive à l’essentiel.


Une rencontre entre science, transmission et expérience.

À travers son intervention, Morgane Peyrot esquisse le portrait d’une pratique à la croisée de la tradition et de la pédagogie contemporaine. Entre vulgarisation scientifique, expérience de terrain et engagement personnel, elle s’inscrit dans un mouvement plus large de redécouverte des savoirs naturalistes.

Son intervention rappelle que la gemmothérapie, au-delà de son intérêt thérapeutique potentiel, s’inscrit dans une vision globale du soin et du rapport au vivant : une approche où la connaissance, la prudence et la complémentarité restent les maîtres mots.