La Casa de Babel : à Mérignac, l’association qui fait tomber les barrières par les langues

Invité de C6 Radio ce vendredi matin, Michael Valenzuela, fondateur de La Casa de Babel, est venu présenter son association mérignacaise qui transforme l’apprentissage des langues en véritable aventure humaine. Conversations autour d’un café, conférences culturelles, voyages en immersion : un projet intergénérationnel qui crée du lien et fait tomber les barrières.

La Casa de Babel : à Mérignac, l’association qui fait tomber les barrières par les langues

Conversation, voyages, conférences et lien intergénérationnel : la vision engagée de Michael Valenzuela

Créée en mars 2020, à la veille du premier confinement, La Casa de Babel aurait pu n’être qu’un projet avorté par la crise sanitaire. Quatre ans plus tard, l’association mérignacaise fondée par Michael Valenzuela et un ami de longue date est devenue un acteur reconnu du territoire, mêlant apprentissage des langues, culture, convivialité et lutte contre l’isolement.

Derrière ce nom inspiré de la série La Casa de Papel, se cache une ambition bien plus profonde : faire des langues un outil de lien social et de vivre-ensemble.


Une idée simple : recréer le lien intergénérationnel

Le projet naît d’un constat culturel.

« En Espagne, tout le monde est ensemble : les petits, les moins petits, les grands-parents. En France, il y a davantage de cloisonnement », explique Michael Valenzuela.

Formateur, professeur et formateur, il souhaite créer un espace où les générations se croisent naturellement. L’idée : proposer des cours de conversation en langues étrangères dans un café, autour d’un chocolat chaud, d’un thé ou d’un café, pour libérer la parole.

L’association est officiellement créée en mars 2020, avec un forum des associations réussi à Mérignac. Les inscriptions affluent. Puis survient le Covid.


Un démarrage brutal… transformé en opportunité

Quelques semaines après son lancement, tout s’arrête. Les groupes sont constitués, une salle de formation réservée, mais la pandémie impose un repli.

Plutôt que de renoncer, La Casa de Babel se développe massivement sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn. Résultat :

  • environ 1000 abonnés sur Facebook,
  • 1200 sur Instagram,
  • près de 1000 sur TikTok,
  • et près de 9000 sur LinkedIn, témoignant d’une audience également professionnelle.

« On a profité de cette période pour tisser encore plus de lien avec des personnes isolées », confie le fondateur.

À la sortie des confinements, l’association trouve un point d’ancrage au Comptoir de Mérignac, aujourd’hui rebaptisé Le Mérignac, où une grande table est réservée chaque semaine pour les cours.


Une pédagogie hors cadre scolaire

Ici, pas de grammaire austère ni de listes de vocabulaire interminables.

Les cours sont exclusivement orientés vers la conversation. Les thématiques changent chaque semaine. Les formateurs (tous natifs) apportent anecdotes, culture, accents authentiques.

L’association propose aujourd’hui :

  • Espagnol (avec Andrés, argentin, et auparavant Carmen)
  • Anglais (avec Daniel, australien, et Tatiana à Bordeaux-Caudéran)
  • Mandarin, russe, italien selon les périodes
  • Des ateliers artistiques en espagnol animés par Lisa, artiste cubaine

Les groupes sont organisés par niveau :

  • débutant
  • intermédiaire
  • avancé

Les cours se déroulent entre 16h30 et 19h30 selon les jours, avec possibilité d’inscription semestrielle.

« Nous livrons un kit de survie linguistique », résume Michael Valenzuela. « L’objectif, c’est pouvoir passer la frontière et se débrouiller. »


De 9 à 84 ans : toutes les générations autour d’une table

Depuis sa création, 150 membres ont rejoint La Casa de Babel.

La doyenne a 84 ans. Des enfants participent le samedi matin. Des étudiants côtoient des actifs et des retraités.

Et le lien dépasse largement le cadre des cours.

Une anecdote illustre cette solidarité : lorsqu’une adhérente s’est fracturé l’épaule, plusieurs membres ont pris de ses nouvelles et sont passés à son domicile.

« La Casa de Babel, c’est une famille », affirme son fondateur.


Conférences culturelles : comprendre le monde pour mieux parler

Au-delà des cours hebdomadaires, l’association organise des conférences thématiques.

Parmi les sujets abordés :

  • La fête nationale espagnole
  • Les fêtes de Noël en Espagne et en Amérique latine
  • Séville, Cordoue, Cadix

Ces rencontres alternent interventions en français et en espagnol, suivies d’un verre de l’amitié. Elles attirent également des non-adhérents.

L’objectif est clair : apprendre une langue sans la dissocier de son histoire, sa gastronomie, ses traditions.

« La langue et le pays sont étroitement liés », insiste Michael Valenzuela.


Les voyages : apprendre par immersion

L’association propose aussi :

  • des excursions à la journée (comme à Saint-Sébastien)
  • des séjours de 4 à 5 jours en Andalousie

Un prochain voyage est en préparation avec visites de Séville, Cordoue et Cadix.


L’immersion est considérée comme essentielle.

« Au bout d’une semaine, on commence à réfléchir dans la langue étrangère. »

Avant le départ : conférences préparatoires.

Pendant : pratique réelle.

Après : exploitation pédagogique en cours.


2026 : développement à Bordeaux et nouvelles activités

L’association se développe désormais à Bordeaux-Caudéran, notamment au Café de la Place, avec des cours les jeudis et vendredis en fin de journée.

Parmi les projets 2026 :

  • ateliers de dégustation à Blaye et Saint-Émilion en espagnol
  • développement du réseau de bénévoles
  • recherche de partenaires locaux


Un outil contre l’isolement

Au-delà de l’apprentissage linguistique, La Casa de Babel revendique un rôle social.

« C’est un vrai outil contre l’isolement », souligne Michael Valenzuela.

Les adhérents arrivent parfois une demi-heure avant le cours pour discuter. Ils prolongent autour d’un repas en fin d’année. Ils créent des amitiés.

La langue devient un prétexte pour se rencontrer.


Une philosophie en trois mots

En conclusion de l’entretien, le fondateur résume son association en trois mots :

Générosité. Curiosité. Altruisme.

Et une invitation :

« Venez tester. Un, deux, trois cours d’essai. Généralement, ceux qui viennent restent. »