Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

Saint-Médard-en-Jalles. À l’aube de ses 120 ans, le Saint-Médard Rugby Club (SMRC), surnommé « les Poudriers », confirme son statut de club phare du territoire Médoc-Océan. Actuel leader de Fédérale 1 avec 58 points, le club girondin conjugue résultats sportifs, formation ambitieuse et structuration interne. Invité de C6 Radio, le co-président Hervé Dubès est revenu sur la dynamique actuelle du SMRC, ses valeurs fondatrices et les défis à venir.

Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

Un club historique ancré dans son territoire

Fondé il y a près de 120 ans, le SMRC tire son identité de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles. « L’ADN du club est resté le même depuis sa création », rappelle Hervé Dubès. Longtemps habitué aux niveaux Fédérale 2 et Fédérale 1, le club évolue aujourd’hui à son plus haut niveau amateur, porté par une politique centrée sur la formation et la jeunesse.

Avec plus de 810 licenciés, le SMRC s’impose désormais comme un pôle d’attractivité régional, accueillant des joueurs venus de Pauillac à Lacanau, en passant par Saint-Aubin-de-Médoc ou le Haut Médoc. Une reconnaissance qui dépasse la seule rive gauche bordelaise.


Une victoire précieuse dans des conditions difficiles

Le week-end dernier, les Poudriers ont conservé leur place de leader grâce à une victoire serrée face à Beauvais (27-23). Un match maîtrisé dans son entame, avant un relâchement coupable.

« À 20-3, on s’est vu gagner trop vite. On ne doit jamais sous-estimer l’adversaire », analyse Hervé Dubès. Sur un terrain gras et sous la pluie, le SMRC, habituellement porté sur le jeu de mouvement, a eu du mal à s’adapter à un rugby plus fermé. Beauvais en a profité pour revenir au score, faisant planer le suspense jusqu’au coup de sifflet final.

Malgré cette frayeur, le co-président retient la série positive :six victoires consécutives et la capacité du groupe à rester solide dans l’adversité.


Un mois de février décisif

Premiers avec 58 points, devant le Bassin d’Arcachon et Floirac (53 points chacun, avec un match de retard), les Saint-Médardais abordent désormais un tournant majeur de leur saison. Deux déplacements consécutifs attendent le SMRC, précisément chez ses deux principaux concurrents.

« Le mois de février va être très important. On entre dans le dur », reconnaît Hervé Dubès. Battus à l’aller par ces deux formations, les Poudriers nourrissent un esprit de revanche, tout en gardant la tête froide. L’objectif initial du club était une place dans le haut du tableau. Désormais, l’ambition est claire : jouer les premières places, sans brûler les étapes.


La patte Bertrand Cazamayou

Arrivé cette saison, l’entraîneur Bertrand Cazamayou a rapidement imprimé sa marque. Rigueur, professionnalisme et intensification du rythme d’entraînement quatre séances hebdomadaires ont permis au groupe de franchir un cap.

« Si on est premiers, ce n’est pas pour rien », souligne Hervé Dubès. L’expérience du technicien apporte une nouvelle exigence collective, dans un effectif largement renouvelé à l’intersaison.


Une formation au cœur du projet

Depuis la reconstruction engagée en 2020, le SMRC s’appuie sur un modèle clair : bâtir durablement grâce à la formation. Le club dispose aujourd’hui d’une école de rugby labellisée trois étoiles, d’un centre d’entraînement reconnu et d’un pôle jeunes particulièrement dynamique.

Avec 330 enfants à l’école de rugby, 52 éducateurs, deux équipes cadets, deux équipes juniors et des formations nationales dans ces catégories, la relève est solidement installée. À tel point que le club doit parfois refuser des inscriptions.

« On a reconstruit le club sur ces bases là », insiste Hervé Dubès, attaché aux valeurs de cohésion, de solidarité et de camaraderie transmises dès le plus jeune âge.


Le rugby féminin en plein essor

Autre signe de vitalité : l’essor du rugby féminin. Partie de 25 licenciées il y a quatre ans, la section compte désormais plus de 120 joueuses, réparties entre rugby loisir (les salamandres), rugby à 10 (les Jalloises, en entente avec Martignas) et une équipe cadettes forte de 36 jeunes.

Même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, l’esprit collectif est salué : les joueuses suivent régulièrement l’équipe senior et participent activement à la vie du club.

« Le principal, c’est le plaisir d’être ensemble », résume le co-président.


Plus de cent bénévoles, pilier du SMRC

Impossible d’évoquer le SMRC sans parler de ses bénévoles. Ils sont plus de 110 à faire vivre le club au quotidien : restauration, logistique les jours de match, boutique, encadrement des jeunes…

« Ils se sentent en famille ici », souligne Hervé Dubès. Une organisation quasi professionnelle a été mise en place, avec une répartition précise des rôles, indispensable pour accompagner la croissance rapide du club, passé de 450 à plus de 800 licenciés en cinq ans.

Un hommage appuyé a également été rendu à Charles, surnommé « Papi Cacahuète », figure emblématique des tribunes girondines, disparu récemment. Une minute d’applaudissements lui a été dédiée lors du match contre Beauvais.


Partenaires et projets structurants

Le développement du SMRC repose aussi sur ses partenaires, véritables piliers économiques du club. Des événements réguliers leur sont dédiés, comme l’opération « XV/20 », organisée prochainement à l’Hippodrome du Bouscat avec le chef Jorick Dorignac et une vente aux enchères de vins prestigieux.

À moyen terme, plusieurs projets sont à l’étude : création d’un nouvel espace partenaires, amélioration des infrastructures, réflexion autour d’un terrain synthétique et adaptation du stade pour un éventuel échelon supérieur.

Un nouveau projet stratégique, baptisé « Consolider pour propulser », doit succéder au plan lancé en 2020. Objectif : stabiliser les acquis avant d’envisager une montée, sans perdre l’identité du club.


Un cap assumé, sans précipitation

Si l’accession à l’étage supérieur n’était pas un objectif initial, le SMRC se prépare désormais à toutes les éventualités.

« Si l’occasion se présente, on ne la refusera pas. Mais on veut d’abord consolider ce que nous avons construit », conclut Hervé Dubès.

En attendant, les Poudriers poursuivent leur parcours en tête de la Fédérale 1, avec deux déplacements décisifs à Floirac puis sur le Bassin d’Arcachon, avant un retour à domicile le 1er mars face à Barbezieux-Saint-Hilaire.