À l’approche de ce rendez-vous national, le stade Robert Brettes concentre une grande partie des préoccupations municipales. Son état, et plus particulièrement celui de la pelouse, mobilise fortement les équipes de la direction des sports. « Entretenir un terrain qui fonctionne habituellement comme un terrain d’entraînement et un terrain d’honneur, c’est un sacré enjeu », explique Nicolas Dauba. Le site accueille à la fois le rugby, le football et l’athlétisme, une intensité d’utilisation qui impose des arbitrages permanents.
« L’enjeu aujourd’hui, c’est de retrouver une certaine planimétrie », détaille-t-il. Les agents municipaux sont à pied d’œuvre avec des opérations de « sablage, de décompactage, de retrait d’une partie du gazon, de placage pendant plusieurs jours, avec de la fertilisation ». L’objectif est clairement affiché : « avoir les meilleures conditions possibles pour samedi ».
Le directeur des sports assume néanmoins les limites structurelles du stade. « On ne peut pas comparer le terrain d’honneur du Jard, qui n’accueille que du foot, et Robert Brettes ». La ligne suivie par la ville est pragmatique : « On ne vise pas la perfection, on vise le meilleur terrain possible ».
La préservation de la pelouse passe également par des choix sportifs parfois délicats. « Rugby et foot sont très liés en ce moment, ils partagent le même terrain », rappelle Nicolas Dauba. À l’approche des tours décisifs de Coupe de France, « on a demandé de délocaliser tous les entraînements du rugby pour préserver le terrain ».
Une décision lourde sur le plan sportif, mais comprise par les clubs concernés. « Ce n’est pas simple à accepter quand on joue le haut de tableau de Fédérale 2, mais ça a été presque évident ». Il insiste sur l’état d’esprit général : « Le sport, c’est aussi avant tout la solidarité, et là ce n’est pas un vain mot ».
Sur le moyen terme, l’avenir du stade Robert Brettes est clairement identifié. « Le stade Robert Brettes est un équipement structurant », reconnaît Nicolas Dauba, tout en ajoutant qu’« il a besoin d’être rénové ». La piste d’athlétisme est également concernée. « Ça fait partie d’un plan pluriannuel d’investissement. Ce sont des travaux importants, identifiés, mais qui vont prendre encore un peu de temps ». À plus court terme, certaines améliorations sont envisageables, notamment sur la sonorisation, « typiquement le genre de choses sur lesquelles on peut investir plus rapidement ».
Ces enjeux s’inscrivent dans une politique sportive municipale plus large. « Une direction des sports, c’est une direction au service des usagers », rappelle Nicolas Dauba, qu’il s’agisse « du public scolaire, des associations, des clubs ou du tout public ».
La Ville de Mérignac s’appuie sur une organisation conséquente. « À la direction des sports, on est 85 ». Le territoire compte « environ 130 équipements sportifs », du city-stade de proximité à l’Aqua Stadium, ainsi que « 130 associations sportives », dont « 70 qui fréquentent quotidiennement les installations municipales ». La pratique sportive est particulièrement développée avec « 16 300 licenciés sport à Mérignac », un chiffre en progression puisque « plus de 2 000 licenciés ont rejoint les clubs ces dernières années ».
La politique sportive de la ville repose sur « trois piliers ». Le premier est « le sport pour tous », avec la volonté « d’inclure tout le monde, quelles que soient ses capacités ou ses envies », à l’école, en club ou sur des équipements en libre accès. Le deuxième est « le sport de compétition », « du niveau amateur jusqu’au niveau élite ». Le troisième pilier est celui du « sport santé », destiné « aux personnes éloignées de la pratique sportive, parfois atteintes de maladies graves ou engagées dans des protocoles de soins », avec l’objectif de « les remettre au sport, parfois en complément d’un traitement ».
Cette stratégie municipale se traduit aussi par des résultats sportifs concrets. « On a des clubs qui performent très bien », souligne Nicolas Dauba. En gymnastique artistique, le SAM Gymnastique illustre cette dynamique. « Quand il y a une pépite comme Maïana Prat, c’est une fierté pour le club et bien au-delà, pour la ville ». Il rappelle toutefois le rôle de la collectivité : « Notre travail, c’est avant tout de les mettre dans les meilleures conditions ».
D’autres disciplines confirment le dynamisme sportif local. « La boxe française fonctionne très très bien depuis plusieurs années, avec des champions de niveau national et international ». Le rink hockey est également cité, « une section qui fonctionne très bien et qui est de retour en Coupe d’Europe cette année ».
Le rugby et le football complètent ce panorama. « Le rugby mérite de monter par ses résultats », tandis que le SAM Football s’apprête à vivre un nouveau moment fort avec ce 32ᵉ de finale de Coupe de France, dans un contexte sportif et logistique exigeant. Nicolas Dauba insiste enfin sur l’envers du décor. « Quand on célèbre les sportifs, on célèbre aussi le travail des entraîneurs et des bénévoles », rappelant que « le renouvellement du bénévolat est aujourd’hui une vraie problématique ».