D’une idée simple à une dynamique structurante.
L’histoire commence presque par hasard. Au départ, l’objectif était de faire descendre les mamans du bord du terrain pour qu’elles passent « de l’autre côté de la barrière ».
En 2023, quelques séances d’essai sont organisées. Le succès dépasse rapidement les attentes :
- 25 licenciées à la création,
- près de 120 aujourd’hui.
« On voulait partager la passion de nos enfants et faire du sport ensemble », expliquent les dirigeantes. Très vite, le projet dépasse le cercle des parents pour attirer des femmes de tous horizons, de 15 à 70 ans.
Une offre sportive complète, du loisir à la compétition.
La force du pôle féminin réside dans la diversité des pratiques proposées, permettant à chacune de trouver sa place.
Les cadettes : l’avenir du club
Créée cette saison, l’équipe des 15-18 ans évolue en rugby à XV plaqué. Pour une première année, les résultats sont déjà prometteurs, avec une 4e place sur 9, signe d’un potentiel réel.
Les Jalloises : l’entente et la progression
L’équipe senior à X, montée en entente avec le club de Martignas-sur-Jalle, illustre la structuration progressive du projet. Après une première saison sans forfait (un indicateur clé de stabilité), les joueuses enregistrent leurs premières victoires et travaillent désormais sur la préparation physique pour limiter les blessures.
Les Salamandres : le rugby accessible
En rugby à 5 « touch », sans plaquage, la pratique se veut plus accessible mais tout aussi exigeante physiquement. L’équipe participe régulièrement aux tournois et parvient à aligner deux formations, preuve d’un vivier solide.
Une transformation culturelle au sein du club.
Au-delà du terrain, l’impact du pôle féminin se mesure aussi dans la vie quotidienne du club.
Le co-président Hervé Dubès souligne son rôle structurant : le groupe attire du public, renforce le bénévolat et participe activement au fonctionnement : boutique, buvette, encadrement des jeunes ou soins.
En quelques saisons, les joueuses sont passées d’un « petit groupe de mamans » à un acteur pleinement intégré. Les repas communs, les entraînements partagés et la convivialité ont progressivement fait tomber les barrières entre sections masculines et féminines.
Bienveillance, sororité et dépassement de soi.
Le discours des trois dirigeantes converge : la réussite repose autant sur l’état d’esprit que sur les résultats.
Le pôle féminin se veut un espace où l’on vient autant pour progresser sportivement que pour trouver un collectif.
Le mot revient souvent : sororité.
Créer du lien, accueillir sans jugement, donner confiance à celles qui n’osaient pas franchir le pas, y compris des femmes se disant « non sportives » constitue le cœur du projet.
Certaines commencent par le « touch » avant de passer au plaqué ; d’autres découvrent simplement le plaisir de l’effort collectif. Toutes évoquent la même satisfaction : se dépasser « pour la copine d’à côté ».
Des ambitions réalistes mais affirmées.
Si les dirigeantes ne prétendent pas rivaliser immédiatement avec les grandes places fortes du rugby féminin, elles affichent des objectifs clairs :
- stabiliser les effectifs,
- poursuivre la progression sportive,
- inscrire durablement le club parmi les références locales.
La progression est déjà tangible : montée en compétences, structuration des entraînements, développement de la préparation physique et résultats encourageants chez les jeunes.
Un projet sportif… et humain.
Le pôle féminin du SMRC s’inscrit dans une vision plus large du sport : un outil d’émancipation, de santé et de lien social.
Voyages pour assister à des compétitions internationales, week-ends d’intégration, supporters fidèles : la pratique dépasse largement le cadre du match.
La philosophie est simple : laisser à chacune le choix.
Faire du rugby, ou non, mais ne jamais se sentir empêchée.
Plus qu’une section, un symbole d’évolution.
En quatre ans, le rugby féminin du SMRC est passé d’une initiative conviviale à un projet structuré, capable d’attirer, de former et de fidéliser.
Il témoigne aussi d’une évolution plus large : celle d’un sport qui s’ouvre, se diversifie et se nourrit de nouvelles énergies.
Au bord du terrain, les encouragements ont changé de visage.
Derrière la balustrade, certaines regardent encore.
Mais de plus en plus nombreuses sont celles qui ont choisi de passer de l’autre côté.