Un choc fraternel au COSEC Maisonnave, samedi 14 février
Ce samedi 14 février 2026 à 20h, le COSEC Maisonnave de Saint-Médard-en-Jalles sera le théâtre d’un rendez-vous rare : un huitième de finale de Coupe de France entre deux clubs girondins qui se connaissent parfaitement, le Saint Médard Basket (Nationale 3) et les JSA Bordeaux (Nationale 2).
Un écart d’une division sur le papier, mais aucun écart dans l’envie.
Un tirage idéal… pour tout le monde
Quand le tirage est tombé, la réaction a été immédiate : satisfaction des deux côtés.
Non pas parce que le match s’annonce facile, bien au contraire, mais parce qu’il s’agit d’un derby local, évitant des déplacements coûteux à l’autre bout de la France.
« C’est un vrai plaisir », confie Mathieu Gibaud. Entre Calais, Marseille ou l’Alsace encore en lice, l’organisation aurait été autrement plus complexe.
Pour Laurent Chiboust, le bonheur est double :
« On ne pouvait pas rêver mieux. Déjà, on reçoit. Et recevoir les JSA, c’est le mieux qu’on pouvait espérer. »
Les deux clubs entretiennent d’excellentes relations, en jeunes comme en seniors. Il y a trois ans, ils évoluaient d’ailleurs ensemble en Nationale 2.
Ce sera un derby. Mais un derby convivial.
Un enjeu sportif majeur : le point qui peut tout changer
Derrière l’ambiance bon enfant, l’enjeu est immense.
En Coupe de France, atteindre les quarts de finale offre un point supplémentaire en championnat. En cas de finale, ce sont même deux points.
Or, dans des championnats serrés où une victoire rapporte deux points et une défaite un, ce bonus peut peser lourd.
- Saint-Médard occupe la tête de sa poule de Nationale 3.
- Les JSA sont à trois points du leader en Nationale 2.
« Ce point n’est pas neutre. C’est un vrai match bascule », souligne Mathieu Gibaud.
Au-delà du prestige, c’est donc une véritable opération comptable.
Saint-Médard, l’élan d’un club en pleine dynamique
Pour le club présidé depuis près de dix ans par Laurent Chiboust, ce parcours a une dimension historique.
Fondé en 1933, le club n’avait jamais atteint un tel stade de la compétition.
Mais plus encore que l’histoire, c’est la dynamique actuelle qui impressionne :
- Une équipe renouvelée
- Un jeu plus spectaculaire
- Une ambiance retrouvée
- Une salle qui se remplit davantage
« Cette année, on a un basket beaucoup plus chatoyant », résume le président.
Le match référence ? Une incroyable remontée face à Garonne, effaçant 20 points de retard à cinq minutes du terme. Une « remontada » qui restera gravée dans les mémoires.
L’objectif reste clair : monter en Nationale 2 dans les trois ans, sans sacrifier la formation.
Les JSA, la rigueur d’un projet structuré
Du côté bordelais, le discours est tout aussi mesuré.
Pas de statut à défendre, pas d’ego mal placé.
« Pour moi, c’est du cinquante-cinquante », assure Mathieu Gibaud.
Les JSA ont elles aussi frôlé l’élimination en Coupe, notamment face à Castelnau, gagnant d’un point au buzzer après avoir été menés de 14 unités.
La Coupe de France est un objectif assumé. Mais l’obsession reste le championnat.
« Si on gagne ici et qu’on perd derrière en championnat, ça ne sert à rien. »
Un pragmatisme assumé.
Respect mutuel et vision girondine
Rarement derby aura autant respiré le respect.
Laurent Chiboust admire « la stabilité » et « le travail sur les jeunes » des JSA. Il regrette même que la Gironde ne dispose pas d’un club au plus haut niveau professionnel :
« Il nous manque un club qui puisse aller vraiment en Betclic ou en Ligue 2. »
Mathieu Gibaud renvoie le compliment en saluant « le sérieux du projet » saint-médardais :
« C’est un des rares clubs dont je n’ai jamais entendu parler de problème. Ça veut dire que le travail est bien fait. »
Des propos qui en disent long sur l’état d’esprit.
Le public, acteur essentiel
À domicile, Saint-Médard espère une ambiance à la hauteur de l’événement.
Malgré les vacances scolaires, le club compte sur son « mini-cop » pour pousser l’équipe.
Les JSA viendront avec une quinzaine de supporters étudiants, connus pour leur humour et leur ambiance bon enfant.
« Encourager positivement les joueurs et laisser arbitres et bénévoles tranquilles », insiste Laurent Chiboust.
Car derrière l’événement, il y a une réalité souvent oubliée : 90 % des acteurs sont bénévoles.
Un match qui se gagnera dans la tête… et sur le parquet
Les deux présidents sont unanimes : ce sera une affaire de concentration.
Quarante minutes pleines. Pas 35.
« On a besoin de guerriers », affirme Laurent Chiboust.
« Il faudra être intelligent », complète Mathieu Gibaud.
Respect des plans de jeu, gestion des fautes, adaptation à l’arbitrage, maîtrise émotionnelle : le détail pourrait tout faire basculer.
Une sous-médiatisation assumée… mais frustrante
Le basket est le troisième sport français en nombre de licenciés. Pourtant, l’exposition médiatique reste limitée.
Les deux dirigeants regrettent une certaine discrétion régionale autour d’un événement qui réunit pourtant deux clubs parmi les 16 derniers en France.
« C’est quand même super d’avoir deux équipes girondines en huitième », rappelle Mathieu Gibaud.
Peut-être que ce derby contribuera à faire évoluer les regards.
Samedi, plus qu’un match
Au-delà du résultat, ce huitième de finale incarne quelque chose de plus large :
- La vitalité du basket girondin
- La force du bénévolat
- Le sérieux de projets construits patiemment
- L’envie de faire vibrer un territoire
Rendez-vous samedi 14 février à 20h au COSEC Maisonnave.
Saint-Valentin ou pas, il y aura de la passion.
Et quoi qu’il arrive, la Gironde aura une équipe en quart de finale.