Dimanche, le stade du Jard avait des allures de grand soir. Devant un public venu en nombre, les jeunes du SAM Football ont renversé l’USL Dunkerque (2-1), formation évoluant au niveau national, validant ainsi leur billet pour les huitièmes de finale de la Coupe Gambardella. Une victoire acquise dans les toutes dernières minutes, symbole de la détermination et de l’état d’esprit d’un groupe qui ne cesse de surprendre.
Une préparation millimétrée, sans bouleverser les habitudes
Dès le matin du match, Lucas Serra, entraîneur des U18, avait un objectif clair : faire de cette journée « un beau souvenir pour les joueurs et pour le club ». Malgré l’événement, le staff a tenu à conserver un cadre familier. Les joueurs se sont retrouvés deux heures avant le coup d’envoi pour une causerie d’abord technico-tactique, puis motivationnelle, afin de faire monter la pression progressivement.
Une semaine particulière avait précédé la rencontre, Lucas Serra se trouvant en formation… aux côtés même du coach dunkerquois. L’occasion d’échanger autour du match à venir, tout en restant concentré sur son propre groupe. Informé du long déplacement des Nordistes, onze heures de bus le staff mérignacais savait aussi que l’adversaire arriverait prêt.
Sur le plan mental, le groupe a impressionné. Malgré le stress inhérent à un seizième de finale, les joueurs sont restés soudés, multipliant les échanges dans le vestiaire. Plusieurs cadres ont pris la parole, pour fédérer l’équipe.
Menés, mais jamais résignés
La rencontre démarre difficilement pour les Girondins, bousculés d’entrée par une formation dunkerquoise très agressive. Reculés dans leur camp durant le premier quart d’heure, les Mérignacais concèdent l’ouverture du score à la 23e minute.
Mais fidèle à ce qu’il observe depuis le début de saison, Lucas Serra voit ses joueurs refuser de céder. « Ils n’ont rien lâché », souligne-t-il, saluant leur maturité. Peu à peu, le SAM rééquilibre les débats, se crée plusieurs situations et envoie ses premiers signaux.
Juste avant la pause, Ethan Escure remet les deux équipes à égalité, récompensant les efforts collectifs.
À la mi-temps, le discours est simple : regarder les joueurs droit dans les yeux et rappeler que face à une structure professionnelle, le meilleur atout d’un club amateur reste le dépassement de soi. « Avec ce petit truc en plus, on peut bouger n’importe quel adversaire », martèle le coach, tout en insistant sur l’humilité.
Une deuxième période engagée, un scénario cruel pour Dunkerque
La seconde mi-temps reste équilibrée. Dunkerque affiche davantage de maîtrise collective, logique au vu de son niveau, mais Mérignac répond présent dans l’engagement et l’état d’esprit. Les occasions s’enchaînent de part et d’autre, laissant présager une séance de tirs au but.
Puis vient la 90e minute.
Sur une ultime action, Ethan Escure provoque dans la surface et obtient un penalty incontestable. Une décision courageuse de l’arbitre dans un contexte brûlant, saluée par les deux camps.
Escure prend ses responsabilités. Le gardien touche le ballon, mais celui-ci termine sa course au fond des filets. 2-1 pour Mérignac.
Le stade explose.
« Toutes les cases étaient cochées pour que ce moment soit réussi », confie Lucas Serra. Le jeune attaquant, déjà buteur avant la pause, s’offre un doublé décisif après avoir changé de côté au dernier moment sur son penalty.
Une explosion d’émotions
Au coup de sifflet final, l’émotion submerge joueurs, staff et dirigeants. L’entraîneur se souvient du premier joueur venu se jeter dans ses bras, avant une vague collective de joie. Certains membres du staff, les larmes aux yeux, savourent ce moment rare.
En tribune, Jean-Bernard Toulouse, co-président du SAM Football, vit la rencontre avec passion. « C’est magique », résume-t-il. Lui qui préfère laisser le vestiaire au staff reconnaît avoir été happé par le scénario. Menés, puis revenus au score, ses joueurs ont su faire jeu égal avec une équipe nationale.
Le président souligne également la cruauté du sort pour le gardien adverse, effondré après le match, rappelant combien ce poste peut être impitoyable lors des grandes échéances.
Christophe Lassalle, co-président du SAM Football, était également présent et a partagé l’émotion collective, tout comme de nombreux membres du club, les familles et les supporters.
Une dynamique globale pour le club
Cette qualification s’inscrit dans une saison déjà remarquable pour le SAM Football. L’équipe première a récemment battu les Girondins de Bordeaux (3-1) et occupe la tête du championnat de Régional 1, avec une montée en ligne de mire.
Pour Jean-Bernard Toulouse, cette réussite repose sur un choix assumé : faire confiance aux éducateurs formés au club. « On n’est pas allés chercher ailleurs. On a de très bons éducateurs chez nous », explique-t-il, saluant l’émulation interne et le travail de formation.
Chez les U18, cette génération prometteuse pourrait alimenter à terme l’équipe senior. Une projection essentielle pour l’avenir du club.
Mérignac parmi les grandes villes du football français
Avec cette qualification, Mérignac se retrouve désormais aux côtés de clubs prestigieux comme le Paris Saint-Germain, Lyon, Nice, Toulouse, Reims, Nantes, Rennes ou Strasbourg. Le SAM est même la seule formation de niveau régional encore en lice, endossant le rôle de petit poucet.
Le tirage au sort des huitièmes de finale aura lieu jeudi midi. Une chose est sûre : quel que soit l’adversaire, l’affluence promet d’être importante. La question du lieu de la rencontre est désormais à l’étude avec la municipalité, tant l’engouement populaire grandit.
Le maire était d’ailleurs présent dimanche au stade du Jard, preuve du soutien institutionnel autour du projet sportif.
Garder le cap sur le championnat
Si la Coupe Gambardella fait rêver, Lucas Serra insiste : la priorité reste le championnat. Plusieurs rencontres attendent encore les U18, et le défi du staff sera de maintenir les joueurs concentrés, malgré l’excitation liée à la Coupe.
Heureusement, l’encadrement peut s’appuyer sur un collectif solide, des matchs filmés grâce à des partenariats techniques, et une organisation bien huilée.
« Le SAM Football, c’est une grande famille »
Dimanche, ils étaient nombreux autour du terrain : parents, proches, bénévoles, dirigeants. Une atmosphère que Jean-Bernard Toulouse résume simplement : « Le SAM Football, c’est une grande famille. »
Un esprit qui transparaît dans chaque mot des dirigeants comme du staff, et qui semble porter cette équipe U18 vers des sommets inattendus.
Rendez-vous désormais après le tirage au sort, avec un objectif partagé par tous : poursuivre l’aventure, sans rien changer à ce qui fait la force du groupe.