Des racines bretonnes et une vocation précoce.
Originaire de Bretagne, Corentin Penc’Hoat découvre le rugby très jeune, sous l’influence de son père. Très tôt, le ballon ovale s’impose comme une évidence. Installé en Gironde durant son enfance, il débute à l’ASPTT Bordeaux, avant d’intégrer le CABBG (Club Athlétique Bordeaux-Bègles), où il évolue pendant cinq saisons.
Mais le parcours n’est pas linéaire. Non conservé à l’issue de cette période, il connaît une première désillusion. Une étape difficile, mais déjà formatrice, qui forge chez lui une conviction : ne jamais renoncer.
Saint-Médard, premier repère humain fort.
C’est à ce moment-là que Corentin découvre pour la première fois le Saint-Médard Rugby Club. Une expérience marquante sur le plan humain.
« À Saint-Médard, je me suis toujours senti bien », confie-t-il. Un club où il retrouve des valeurs essentielles, souvent mises à mal dans les structures plus élitistes : camaraderie, bienveillance et sentiment d’appartenance.
Le pari assumé du haut niveau : Bayonne et Biarritz.
À la fin du lycée, Corentin fait un choix fort : partir dans le Pays basque pour poursuivre ses études tout en tentant sa chance dans le rugby de haut niveau. Il rejoint Bayonne pendant deux saisons, puis Biarritz, où il termine sa licence universitaire avant d’intégrer le centre de formation du Biarritz Olympique.
Il signe alors son premier contrat. Un aboutissement, mais aussi une nouvelle épreuve. Non conservé à l’issue de cette période, il doit, une nouvelle fois, se réinventer.
Blagnac, la confrontation avec le rugby des “grands”.
Direction Blagnac, en Nationale. Corentin découvre alors un championnat exigeant, face à des clubs professionnels, dans une structure semi-professionnelle.
Une saison marquante, conclue par une demi-finale de Nationale face à Dax, futur promu en Pro D2. « Jouer dans de grands stades, devant du public, c’est un rêve », raconte-t-il.
Nice, la Pro D2 et l’ouverture vers le très haut niveau.
La suite de son parcours l’emmène à Nice, où il signe son premier véritable contrat professionnel. Cette période marque un tournant. Corentin découvre la Pro D2, ses exigences physiques, sa vitesse de jeu et la pression du résultat. Il s’ouvre également au rugby à 7, discipline dans laquelle il s’épanouit pleinement.
Champion du Super Sevens avec les Barbarians, intégré à France 7 Développement, il participe à des stages avec France 7 et dispute des compétitions internationales, notamment à Dubaï.
« Le rugby à 7 m’a permis de toucher du doigt le très haut niveau », souligne-t-il.
La deuxième saison en Pro D2 est plus difficile collectivement. Nice, promu, lutte en bas de tableau. Une expérience rude, mais profondément formatrice.
Le choix du retour : équilibre de vie et plaisir retrouvé.
À l’issue de son master, Corentin prend une décision lucide : revenir au Saint-Médard Rugby Club. Un choix guidé par la volonté de retrouver un équilibre entre rugby, vie professionnelle et épanouissement personnel.
Aujourd’hui, il travaille chez EY à Bordeaux, dans l’audit financier, tout en poursuivant sa carrière rugbystique. Une double vie exigeante, rendue possible grâce à l’accompagnement de son employeur.
Un rôle affirmé au sein du collectif du SMRC.
De retour à Saint-Médard, Corentin retrouve une équipe ambitieuse, leader de Fédérale 1. Passé du poste de demi de mêlée à celui d’arrière, il s’épanouit dans un rôle qui lui offre liberté et responsabilités.
Sans chercher à s’imposer comme leader, il apporte son expérience du haut niveau, notamment dans la gestion des temps forts, le jeu au pied et les relances.
« J’essaie d’apporter ce que je peux, sans prendre trop de place », explique-t-il.
Un club en pleine structuration.
Corentin souligne l’évolution structurelle du SMRC : nouvelles infrastructures, staff renforcé et arrivée d’un manager à plein temps. Des éléments qui traduisent, selon lui, la montée en puissance du club.
« La conquête est solide, le staff fait un énorme travail », insiste-t-il, conscient que la performance collective repose avant tout sur des bases solides.
Floirac, un revers révélateur de l’état d’esprit.
La défaite à Floirac (37-21) n’entame pas la dynamique. Malgré un scénario compliqué, marqué par des cartons rouges, le SMRC fait preuve de caractère.
« On s’est battus jusqu’au bout », résume Corentin, déjà tourné vers le déplacement crucial au bassin d’Arcachon, dans une poule extrêmement serrée.
Ambition mesurée, compétitivité assumée.
Si le club ne fait pas de la montée une obligation affichée, l’envie est bien là.
« On est compétiteurs. Forcément, on a envie d’aller le plus loin possible », assume Corentin, conscient que le SMRC se structure depuis plusieurs saisons pour jouer les premiers rôles.
Transmission, valeurs et regard sur le rugby amateur
Attaché aux valeurs du rugby, Corentin insiste sur l’importance de la transmission auprès des jeunes du club. Montrer que les échecs font partie du chemin, et que la persévérance peut payer.
« Même si tu n’es pas pris, il ne faut pas abandonner », martèle-t-il.
Une passion réaffirmée
Aujourd’hui, le rugby est redevenu pour Corentin Penc’Hoat une passion avant tout, vécue au sein d’un collectif soudé et ambitieux.
À Saint-Médard, l’arrière breton a trouvé un projet, une équipe et un équilibre. Avec un objectif clair : avancer ensemble et aller le plus loin possible.